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Dany Leriche
et Jean-Michel Fickinger

Signes vivants de l’invisible


Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger, qui travaillent toujours «  à quatre mains  », elle en «metteur en scène» et lui en «  directeur de la photo  »,  se démarquent d’une pratique orthodoxe de l’image documentaire. Le fond blanc qui élimine toute référence au contexte, la systématisation du protocole de prise de vue avec ses cadrages frontaux, sa lumière constante et uniforme, une certaine théâtralité de la composition et des attitudes, sont autant de choix esthétiques qui situent ces images dans le champ d’une pratique d’auteur. Si ces portraits ont été réalisés au Mali, au Togo et au Bénin à l’occasion de cérémonies rituelles, rien ne nous en est donné à voir car là n’est pas le propos. Contrairement à l’usage ethnographique de la photographie, les modèles sont ici des sujets actifs et non uniquement des objets d’observation. Leur manière de se livrer à l’objectif, de s’approprier l’image qu’ils vont donner d’eux-mêmes, de jouer avec le rituel de la prise de vue, toute cette attitude participative, loin de nuire à la qualité documentaire des images, l’enrichit. On découvre chez les sujets photographiés dans la spontanéité de l’instant, une créativité apparemment illimitée dans l’élaboration d’un monde symbolique pour lequel tout est support  : vêtements, parures, peintures corporelles, objets les plus ordinaires, couleurs et formes, gestes et paroles. 
Adeptes du «  portrait négocié  », Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger savent instaurer la relation qui va permettre à chacun, par delà son appartenance, de s’adresser personnellement au spectateur – et parfois de l’interpeller – par le truchement de l’opérateur. Ainsi, à côté de leur valeur emblématique et intemporelle, ces portraits sont-ils aussi les traces d’un instant, les témoignages d’une rencontre unique.
J.-C. F.
NOTULE
Depuis une quinzaine d’années, Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger explorent les cultures lointaines se tournant particulièrement vers celles des minorités spirituelles qui résistent à l’uniformisation culturelle globale. En Afrique de l’Ouest, où l’animisme a mieux résisté aux assauts successifs de la christianisation ou de l’islamisation forcées, ils ont éprouvé la vitalité des cultures traditionnelles,
Travaillant toujours «  à quatre mains  », elle en «metteur en scène» et lui en «  directeur de la photo  »,  ils se démarquent d’une pratique orthodoxe de l’image documentaire à caractère ethnographique  : les modèles sont ici des sujets actifs et non uniquement des objets d’observation.
Depuis une quinzaine d’années, Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger explorent les cultures lointaines se tournant particulièrement vers celles des minorités spirituelles qui résistent à l’uniformisation culturelle globale. En Afrique de l’Ouest, où l’animisme a particulièrement résisté aux assauts successifs de la christianisation ou de l’islamisation forcées, ils ont éprouvé la vitalité des cultures traditionnelles, leur aptitude à syncrétiser les apports extérieurs et à créer des signes d’identité, des objets de pouvoir, des symboles visuels liés à des croyances et à une cosmogonie. Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger, qui travaillent toujours «  à quatre mains  », elle en «metteur en scène» et lui en «  directeur de la photo  »,  se démarquent d’une pratique orthodoxe de l’image documentaire. Le fond blanc qui élimine toute référence au contexte, la systématisation du protocole de prise de vue avec ses cadrages frontaux, sa lumière constante et uniforme, une certaine théâtralité de la composition et des attitudes, sont autant de choix esthétiques qui situent ces images dans le champ d’une pratique d’auteur. Si ces portraits ont été réalisés au Mali, au Togo et au Bénin à l’occasion de cérémonies rituelles, rien ne nous en est donné à voir car là n’est pas le propos. Contrairement à l’usage ethnographique de la photographie, les modèles sont ici des sujets actifs et non uniquement des objets d’observation. Leur manière de se livrer à l’objectif, de s’approprier l’image qu’ils vont donner d’eux-mêmes, de jouer avec le rituel de la prise de vue, toute cette attitude participative, loin de nuire à la qualité documentaire des images, l’enrichit. On découvre chez les sujets photographiés dans la spontanéité de l’instant, une créativité apparemment illimitée dans l’élaboration d’un monde symbolique pour lequel tout est support  : vêtements, parures, peintures corporelles, objets les plus ordinaires, couleurs et formes, gestes et paroles. 
Adeptes du «  portrait négocié  », Dany Leriche et Jean-Michel Fickinger savent instaurer la relation qui va permettre à chacun, par delà son appartenance, de s’adresser personnellement au spectateur – et parfois de l’interpeller – par le truchement de l’opérateur. Ainsi, à côté de leur valeur emblématique et intemporelle, ces portraits sont-ils aussi les traces d’un instant, les témoignages d’une rencontre unique. 
Jean-Christian Fleury